Malika la Slameuse, une artiste engagée dans la lutte contre le coronavirus

Article : Malika la Slameuse, une artiste engagée dans la lutte contre le coronavirus
2 juillet 2020

Malika la Slameuse, une artiste engagée dans la lutte contre le coronavirus

Mondoblog lance le projet Mondoblog, unis contre le Covid-19, pour raconter l’évolution et les conséque⁸nces de la pandémie de coronavirus du point de vue des Mondoblogueurs sahéliens.


Malika Ouattara alias Malika La Slameuse est une artiste burkinabè qui s’illustre sur la scène musicale au Burkina Faso depuis quelques années. Avec plus de 316 000 abonnés sur Facebook, elle fait partie des rares femmes sur la scène du slam. Elle a su s’approprier ce style musical si particulier, et surtout, elle le cuisine à la sauce burkinabè. Personnellement, je l’ai découverte avec son titre L’homme qu’il me faut. Je suis totalement fan de son timbre de voix si particulier.

En dehors de sa musique, ce qui fait sa particularité, c’est son engagement social. J’ai vu plusieurs fois sur Facebook des actions qu’elle a menée au profit de personnes vulnérables. Je n’étais donc pas étonnée de la voir s’engager dans la lutte contre le coronavirus. 


La place de la jeunesse dans la lutte contre le Covid-19

Pour faire face à la pandémie, le Sahel possède un atout de taille : sa jeunesse. En effet, la région sahélienne compte 50 millions de jeunes de moins de 25 ans. Et cette jeunesse se mobilise à sa manière, incarne l’espoir de lendemains meilleurs. Plusieurs de ces jeunes ont choisi, en ces temps de crise, de faire partie de la solution, comme Malika. À 27 ans, elle mène des activités de sensibilisation à l’hygiène pour lutter contre la propagation du virus. Je suis allée lui poser quelques questions.

© Madina S

Malika La Slameuse m’a confiée que son engagement social est né d’une expérience personnelle très douloureuse qu’elle a vécue il y a quelques années. Sa maman était atteinte d’un cancer. Elle était au début de sa carrière et il était donc difficile pour elle et sa famille de faire face à tous les frais de prise en charge d’une telle maladie. Mais, de façon inattendue, elle a reçu beaucoup de soutien pour l’aider à sauver sa maman.  

« Je recevais des appels de gens qui me disaient qu’ils avaient entendu parler de la maladie de ma mère et qu’ils voulaient m’aider. On ne se rend pas toujours compte de l’impact qu’un geste qui semble petit pour nous peut avoir sur des personnes dans la besoin ou dans une situation de détresse. Je me suis promis et j’ai promis à Dieu que si Maman s’en sortait, je rendrais le bien qu’on m’a fait. Pour moi, le bien doit être contagieux. »

Avec sa Fondation Slamazone créée en mars 2019, elle met son art au profit des personnes démunies. Elle mène des activités autour de cinq axes prioritaires. Voici quelques actions qu’elle a menée: 

  • Réfection d’une salle de consultation pédiatrique à l’hôpital SORO SANOU de Bobo-Dioulasso
  • Création de la semaine de l’Albinos dont la 2ème édition s’est tenue cette année
  • Soutien à l’association des aveugles
  • Soutien aux associations aidant les enfants vivants dans la rue
  • Soutien à des associations pour les enfants démunis et déscolarisés

Les conséquences du coronavirus 

« En tant qu’artiste, nous n’avons plus de scènes d’expression, plus de manifestations, de cérémonies, de mariages… Je me produis souvent à l’extérieur, mais ce n’est plus possible avec la fermeture des frontières. C’est un vrai coup d’arrêt pour nos activités. »

© Malika La Slameuse

Il faut savoir que Malika a plusieurs flèches à son arc. Elle est non seulement artiste, mais aussi entrepreneure. Elle fait partie du groupe Slamazone, une entreprise qui fait de la communication, de l’évènementiel et la production artistique. De ce côté aussi, comme du côté de ses boutiques à Ouagadougou, ses activités tournent au ralenti depuis le début de la crise sanitaire et la fermeture des frontières.

Sur le plan humanitaire, sa fondation, qui fonctionne sur fond propres à partir de ses cachets d’artiste, a du mal à mener ses actions. Surtout que les locaux ont fait l’objet d’un cambriolage, il y a quelques temps.

« L’art au service du développement »

C’est le slogan de la fondation humanitaire de Malika la Slameuse. Pour elle, la crise du coronavirus a révélé “une crise dans la crise ». Et cette crise est surtout alimentaire.

« Beaucoup de burkinabè vivent au jour le jour, gagnent difficilement leur vie. Je sais que la fermeture des marchés a été un coup dur pour beaucoup. Il me fallait donc faire quelque chose pour soulager un temps soit peu leur souffrance ».

Comme elle l’explique dans cet article de l’ONG Oxfam:
« Il est difficile de faire comprendre à quelqu’un de lutter contre le COVID-19 lorsqu’il a faim. On parle de la maladie, du virus, mais il ne faut pas oublier que la faim est une maladie elle-même qui tue peut-être beaucoup plus. »

Avec sa fondation, ils ont livré quatre tonnes de vivres à des personnes dans le besoin, de même que des kits sanitaires avec du gel hydroalcoolique et des masques. Son action s’est étendue sur les dix derniers jours du mois de Ramadan.

© Malika La Slameuse

« En tant que musulmane, je devais faire quelque chose pour ma communauté en cette période. Il faut savoir que dans la prière musulmane, il est obligatoire que les fidèles soient côte à côte pendant la prière. Nous sommes donc allés dans ces différents endroits avec nos dons, accompagnés d’agents de santé, afin qu’ils expliquent à nos frères, l’importance du respect des mesures barrières.« 

Mais son action ne s’est pas seulement concentrée sur les fidèles musulmans. Les réfugiés internes, logés au quartier Hamdallaye, ont aussi bénéficié de ses dons. Un de ses projet en cours, auquel elle tient particulièrement, « MaskupAfrica », a pour ambition d’offrir 12 000 masques à des personnes vulnérables dans plusieurs pays d’Afrique.

Malika a un message pour vous

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